Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Roland - Algrange d'hier et d'aujourd'hui

Khadidja BETTAHAR, paroles de pionnière du football féminin à Algrange

9 Septembre 2020, 09:30am

Publié par R.S.

Article du Républicain Lorrain du 14 juillet 2011
Khadidja BETTAHAR, fondatrice de l'équipe féminine d'Algrange, évoque ses débuts dans les rues de Fameck, son père qui l'a soutenue et ses copines qui ont galéré pour imposer leur passion pour le football
Khadidja BETTAHAR, paroles de pionnière du football féminin à Algrange
Après 26 années de football, allez-vous entamer une nouvelle saison ?
Khadidja BETTAHAR : " Je dois subir une deuxième opération du ligament croisé du genou. J’ai 36 ans, pour moi je crois que c’est la fin. "
C’est quoi une vie de footballeuse ?
Khadidja BETTAHAR : " C’est beaucoup de sacrifices, plus que pour les hommes. Eux, pour l’entraînement, ils ne s’occupent que de leur sac de sport. Nous, on a une famille à gérer, les enfants à faire garder, faire les devoirs, préparer les repas… C’est toute une organisation ".
Pourquoi avoir choisi ce sport ?
Khadidja BETTAHAR : "J’ai grandi à Fameck, où le foot était le sport que tout le monde pratiquait dans la rue, les garçons comme les filles ".
Etes-vous issue d’une famille de footballeurs ?
Khadidja BETTAHAR : " Mon père, qui n’est plus là, adorait le foot. Je suis la seule des six filles de la famille à jouer, ma mère n’était pas favorable, mais mon père m’a soutenue, j’étais son "chouchou". L’un de mes frères entraîne l’équipe première de Fameck ". 
Était-ce aussi facile pour vos amies ?
Khadidja BETTAHAR : " Non, car jouer au foot dans la rue, c’était jouer forcément avec les garçons. Et on ne fréquente pas les garçons ! Franchement, j’étais une pionnière, à une époque où les filles étaient faites pour rester à la maison et où le foot, c’était un sport viril, réservé aux mecs. C’est une erreur ".
Pourquoi une erreur ?
Khadidja BETTAHAR : " Le football, c’est 30 % avec les jambes et 70 % avec la tête. Donc les filles ont tout pour être même meilleures que les hommes ( sourire) ". 
Avez-vous connu des carrières contrariées par l’environnement familial ? 
Khadidja BETTAHAR : " Oui, des filles douées qui n’ont pas obtenu l’autorisation des parents. J’ai le souvenir aussi d’une copine de Terville qui, pendant des années, a sauté de son balcon pour venir aux matchs parce que son père ne voulait pas qu’elle joue au foot. Sa mère était dans la confidence, mais il ne fallait surtout pas qu’elle se blesse, sans cela elle aurait été découverte. Elle a tout avoué très tardivement à son père ".
Jouer au foot n’est-ce pas plus difficile quand on devient une jeune femme ?
Khadidja BETTAHAR : " Il y a toujours cette idée que les femmes qui jouent au foot sont homosexuelles… Le phénomène existe, mais pas plus que dans d’autres sports. Moi, je suis une femme, j’ai une fille de deux ans et un mari, qui est aussi joueur de foot ( NDLR : professionnel dans une équipe luxembourgeoise). L’affirmation de la féminité est aujourd’hui un principe que défend l’entraîneur de l’équipe de France, que je connais bien ".
Si votre fille souhaite jouer au foot plus tard, vous la laisserez faire ?
Khadidja BETTAHAR : " Oui, c’est elle qui décidera. Je crois que c’est plus facile pour les filles aujourd’hui. Je suis reconnaissante au foot pour ce qu’il m’a apporté. C’est grâce à ce sport que je suis devenue ce que je suis aujourd’hui. Alors pourquoi pas elle ? "
Et le père sera d’accord ?
Khadidja BETTAHAR : " Le papa, je ne sais pas, mais c’est moins sûr…"

Commenter cet article

Urgo 25/09/2020 03:30

Une bien belle personne, avec un caractère bien trempé.