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Le blog de Roland - Algrange d'hier et d'aujourd'hui

La fabrique de citernes à mazout Redelsperger à Algrange

18 Juin 2019, 07:00am

Publié par R.S.

Le 16 juillet 1969, on pouvait lire dans le Républicain Lorrain:
La fabrique REDEL à Algrange: première chaîne française automatique de montage de citernes à mazout domestique.
Le 4 juillet dernier, un plein wagon de citernes domestiques pour liquides inflammables de la deuxième catégorie (fuel et mazout) sortait de la fabrique Redel, à Algrange, concluant la première journée de travail. Depuis, deux cents citernes par jour quittent le vaste atelier à destination de quatre cents points de vente en France.
Un artisan en vacances.
Dans la toute jeune entreprise de fabrication, un vieil homme découvre la raison de sa vie. M. Ernest Redelsperger père, presque septuagénaire, retiré des affaires depuis une dizaine d'années e-t installé depuis à Dambach-la-Ville, sa ville natale, en Alsace, parcourt, en vacancier, la réalisation de ses fils, prolongement de sa carrière d'artisan.
M. Ernest Redelsperger s'est établi installateur en chauffage et sanitaire à Algrange en 1927. A l'époque, il était entouré en tout et pour tout d'un aide. A force de travail, son affaire prospéra. En 1936-37 notamment, il effectua d'importants travaux à la ligne Maginot, en matière de chauffage et de sanitaire s'entend, puis, plus tard pour une société sidérurgique de la région.
La fabrique de citernes à mazout Redelsperger à Algrange
Dès 1940, M. Redelsperger père fut utilement secondé sur le plan pratique par son fils aîné Jean-Pierre, puis un peu plus tard par Robert, plus particulièrement pour les tâches administratives.
Entre-temps, M. Ernest Redelsperger avait ouvert une quincaillerie dans la localité, commerce repris par son fils, mais qu'il est question de fermer cette année, en raison de l'ouverture de la fabrique. Dès lors ses enfants Jean-Pierre, Robert et Ernest, le cadet, créaient une société à responsabilité limitée baptisée Société Redelsperger frères, et élargissaient l'affaire à la partie combustible et lubrifiant en tant que grossistes.
A cette époque, les frères Redelsperger entraient également dans le marché de la citerne à mazout domestique. La vente qui débuta à l'échelle locale, s'étendra à la région et prendra rapidement des proportions nationales. 
Dans le bureau des frères, en bonne place, une carte du pays illustre l'importance de leur marché. Un crayon rouge a servi à faire apparaître les quelques quatre cents points de vente, dont la chaîne des " Nouvelles Galeries " sur l'ensemble de la France ce qui n'est pas une mince référence.
La fabrique de citernes à mazout Redelsperger à Algrange
La fabrique: une obligation.
Que les frères Redelsperger se soient lancés dans la fabrication des citernes découle d'un impératif du marché. Les besoins de la clientèle de la société algrangeoise devenaient de plus en plus importants et dépassaient les possibilités de leur fournisseur allemand (toutes les citernes étaient effectivement importées). Ce qui nécessitait soit la dispersion sur plusieurs fabricants, soit la création d'une fabrique propre à la société.
Si les frères Redelsperger se sont finalement décidés pour la seconde solution, un arrêté ministériel du 21 mars 1968, paru au " Journal officiel " le 30 mars 1968, n'y est pas étranger. Cet arrêté, dicté par l'Association française de normalisation fixe les normes de sécurité des citernes domestiques: les citernes dites elliptiques ne pourraient en aucun cas être construites dans un manteau de tôle inférieur à 1,5 mm d'épaisseur pour une contenance de 600 litres et de moins de 2 mm pour les citernes de 600 à 1400 litres.
Pour comprendre l'incidence de cet arrêté de normalisation, il faut savoir que dans le monde de la citerne domestique, que ce soit en France comme ailleurs, il n'existait pas de soudeuse automatique capable d'effectuer le travail sur des tôles dépassant 1,5 mm.
Pour les frères Redelsperger, le problème se ramenait ainsi à une obligation: créer leur propre chaîne de montage automatique pour rester compétitifs.

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La fabrique de citernes à mazout Redelsperger à Algrange
Un procédé inédit.
Ainsi, dans le domaine de la fabrication de citernes à mazout domestique, les frères Redelsperger réalisaient une " première " internationale. Dans le genre, leur usine est la seule qui, de la tôle brute à la citerne emballée dans son carton, ne nécessite pas de manipulation.
Autant dire que l'équipe de direction de la société observe donc une certaine discrétion. On comprendra, en effet, qu'elle ne cherche pas à faire le jeu de la concurrence après avoir transpiré pendant deux ans sur son projet.
On peut dire cependant que le procédé comprend un ensemble de neuf machines, dont deux soudeuses à molettes, mises au point par les frères Redelsperger.
La société baptisée " Redel " par souci de simplification, a implanté la première fabrique de France de citernes à mazout domestique sur un terrain mis à la disposition par la SNCF. L'emplacement de l'immense atelier, dont la construction a débuté, il y a huit mois environ, est particulièrement heureus: en face de la gare d'Algrange, la fabrique profite d'un embranchement ferroviaire propre, ce qui n'est pas un mince atout pour le transport de ses produits.
La fabrique de citernes à mazout Redelsperger à AlgrangeLa fabrique de citernes à mazout Redelsperger à Algrange
La fabrique de citernes à mazout Redelsperger à Algrange
La matière première de l'usine, en l'occurrence de la tôle en plaques rectangulaires, est achetée à Sollac et en partie à Usinor. En outre, la société ARBEL lui fournit les fonds de citerne finis, ARBEL étant le plus important producteur de fonds de France et peut-être d'Europe.
La fabrique REDEL consommera environ 1800 tonnes de tôles par saison pour produire 200 citernes par jour. Cette cadence sera atteinte dans la quinzaine à venir, trois semaines seulement après le démarrage de l'usine.
Cette production est atteinte avec un personnel d'une vingtaine d'ouvriers environ. Ce personnel est spécialisé sur le " tas ": la société assure effectivement leur formation.
Exceptionnellement, pendant la durée des vacances scolaires, la fabrique emploie également, une demi-douzaine d'étudiants qui, pour être occupés à de menus travaux, se constituent un viatique.
La société Redel envisage d'ici à deux ans, de doubler sa production et atteindre ainsi le plein rendement de ses machines. Ce planning supposera que l'effectif ouvrier soit porté à une trentaine de personnes. Parallèlement sera développé le réseau de la vente en France et à l'étranger, mission confié à M. Alphonse PENSA, qui seconde les frères Redelsperger sur le plan commercial.
La société Redel a supporté entièrement l'investissement nécessaire à l'implantation de la fabrique. Elle bénéficie néanmoins d'encouragement local; dans une récente délibération, le conseil municipal d'Algrange a décidé d'exonérer de la patente pour cinq ans toute nouvelle entreprise implantée dans la localité.
D'autre part, la C.A.P.E.M. se charge d'obtenir pour elle l'exonération de la patente sur le plan départemental.
A l'heure où l'on ne parle que de diversifier l'industrie monolithique de la région, l'initiative de la société Redel est la bienvenue....
La fabrique de citernes à mazout Redelsperger à AlgrangeLa fabrique de citernes à mazout Redelsperger à Algrange
La fabrique de citernes à mazout Redelsperger à AlgrangeLa fabrique de citernes à mazout Redelsperger à Algrange

Le bâtiment dans lequel se trouvait la fabrique de citernes, puis repris par la société FRIZZARIN

Commenter cet article

covix 18/06/2019 19:19

Bonsoir,
un article de mémoire très intéressant et une découverte.
Bonne soirée
@mitiés