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Le blog de Roland - Algrange d'hier et d'aujourd'hui

Histoire d'un charretier d'Algrange: Joseph WEBER

23 Février 2016, 09:25am

Publié par R.S.

Quatre anciens mineurs du comité lors de la création de l'Amicale des Anciens Mineurs: Robert SAMERY, Joseph WEBER, Charles WANINGER et Alphonse GOUTH, aujourd'hui tous décédés....

Histoire d'un charretier d'Algrange: Joseph WEBER

Joseph WEBER (ancien chef-géomètre à la mine Sainte-Barbe) et aujourd'hui décédé, raconte dans un texte qu'il avait rédigé en 1976 son premier emploi au fond en temps que charretier. Il fut embauché à 13 ans dans une entreprise, chargée d'éditer la ligne Maginot. En 1932, à l'âge de 15 ans, il entra à la mine d'Algrange.

Histoire d'un charretier d'Algrange: Joseph WEBER

" Il était un poste à la mine que personne ne voulait occuper tant il était fatiguant, mal payé et salissant: c'était celui de charretier, et pourtant il fallait trouver quelqu'un et on me trouva. Le travail de charretier consistait à amener par traction animale des berlines dans le chantier d'abbattage et de chargement de minerai. Le charretier tenait l'animal par la bride et le dirigeait vers les différentes voies; l'homme et le cheval ne faisaient qu'un. Ce déplacement en duo se faisait dans des galeries truffées d'ornières, celles-ci remplies d'une eau nauséabonde. Il n'était pas question, pour l'homme et pour le cheval, de choisir l'endroit où ils pouvaient poser leurs pieds. Le déplacement se faisait à l'aveuglette. Au bout d'une heure de travail, grâce aux éclaboussures provoquées par les pattes du cheval, j'étais crotté et mouillé jusqu'aux os et il fallait tenir encore 8 heures! Le pire dans cette histoire, c'est que je ne me sentais pas malheureux..."

Histoire d'un charretier d'Algrange: Joseph WEBER

" Le problème étant d'approvisionner en berlines en nombre suffisant, j'avais tendance à faire tracter un nombre maximum de berlines à l'animal. Mais celui-ci n'était pas dupe. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il comptait le nombre de berlines à tracter et si ce nombre était supérieur à six il refusait de partir. Comment comptait-il les berlines? Très simple; les berlines sont attelées entre elles par un jeu de trois anneaux et un enclot; lorsqu'il tirait sur la rame, la manoeuvre provoquait un léger choc, autant de chocs que la rame à tracter comportait de berlines, ce qui permettait à l'animal de compter. Lorsque les exigences du travail me l'imposaient, je rusais avec le cheval et mettais sous tension deux ou trois berlines (anneaux tendus) et en tirant, l'animal ne s'apercevait pas de la supercherie; il devait se demander pourquoi un déplacement était plus fatiguant que l'autre...."

Histoire d'un charretier d'Algrange: Joseph WEBER

" Durant notre travail, il y avait des moments de relâche et il m'arrivait de mal attacher le cheval par la bride. Malheur à moi; ce dernier filait comme une flèche à travers les galeries plongées dans une nuit totale, direction la sortie au jour. Je n'ai jamais compris comment cela était possible. Avec l'obscurité complète et les parties de galeries qui obligeaient le cheval à baisser la tête pour passer. Lors de ce genre de fugue, jamais il ne s'est blessé et il a toujours trouvé la sortie. Il ne me restait plus qu'à le suivre sur deux kilomètres et comme il courait plus vite que moi, c'est dans les champs du carreau de la mine que je le récupérais, non sans mal, après qu'il eut commis de grands dégâts dans les cultures..." 

C'est en octobre 1934 que s'amorça le virage définitif dans sa vie de travailleur.

Sur ce document daté du 18 octobre 1945, on peut voir qu'il fallait un titre de circulation après la guerre pour pouvoir se déplacer avec un engin à moteur
Sur ce document daté du 18 octobre 1945, on peut voir qu'il fallait un titre de circulation après la guerre pour pouvoir se déplacer avec un engin à moteur

Sur ce document daté du 18 octobre 1945, on peut voir qu'il fallait un titre de circulation après la guerre pour pouvoir se déplacer avec un engin à moteur

" Par un beau dimanche ensoleillé, je me rendais, avec deux amis d'enfance, au cinéma de la ville voisine (au Thésonia de Nilvange). Sur mon retour, nous rencontrâmes le comptable de la mine qui me connaissait bien. Il m'accosta et me fit part de la prochaine ouverture dans la localité d'une école préparatoire au concours d'entrée à l'Ecole des Mines de Thionville et me demanda si je ne désirais pas suivre ces cours. Je lui demandai trois jours de réflexion et ma réponse fut positive et c'est ainsi que l'élève médiocre de l'école primaire devint étudiant ".

C'est lui qui fut à l'origine de la plus grande bande transporteuse créée en 1959 à la mine Sainte-Barbe (dans un autre article)

Sur ce comité de 1994, seules 4 personnes début 2016, sont encore de ce monde...

Sur ce comité de 1994, seules 4 personnes début 2016, sont encore de ce monde...

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Billon-Laroute 24/02/2016 00:45

C'est là que tu vois comme les années passent ............tient j'ai des douleurs dans le dos tu vois Roland !